Au cours de l’été 2010, j’ai pris l’opportunité de partir faire une retraite.

Une retraite, c’est-à-dire un moment de retrait par rapport à l’agitation et au brouhaha, du monde et de ma tête, dans un lieu crée autour de la philosophie bouddhiste, dans le centre de la France.

Depuis plusieurs mois déjà je ressentais une lassitude dans ma vie, dans mes projets, dans mes souhaits de devenir. Après avoir longtemps hésité sur un choix et une destination de vacances, j’ai fini par comprendre que j’avais finalement et uniquement besoin de silence.

Après avoir obtenu plusieurs adresses, et par convictions non religieuses, j’ai donc opté pour ce centre dans le Périgord. Je dois reconnaitre avoir eu beaucoup d’appréhensions quant à ce choix, pour tout un tas de raisons, et en particulier par rapport à l’idée que l’on peut s’en faire,  raisons liées à certains faits divers.

Où allais-je mettre les pieds ? Dans une secte ? Reviendrais-je vivante ? Embrigadée ? Dépouillée de tout mon argent ? Mariée de force au gourou ? Que de spéculations et de peurs… ! :-) Déjà même avant d’y être, observation de la bataille du mental et de l’appel de l’âme dans la réalisation de cette expérience :-)

Sans aucune pratique ni connaissance de la méditation, je n’ai pas fait les choses à moitié : allez bim ! C’était parti pour une semaine complète de contemplation et de silence !

Moi qui partais pour me reposer, j’ai passé la semaine à me lever à 6h00 du matin, à pratiquer le yoga et la méditation, à pleurer, me battre avec moi-même, juger ce qui pouvais se passer dans ce lieu, avoir envie de fuir et de rentrer chez moi, et j’en passe ! Une amie m’a raconté comment mon bouillonnement intérieur était si présent qu’il était visible sur mon visage, et que plusieurs fois j’ai tenté de démarrer des conversations. Elle sentait un énervement tellement fort que cela la faisait rire :-) Le pétage de câble n’était pas loin…

Mais, passés ces moments de lutte intérieure, un espace a commencé à se faire petit à petit. Quelle découverte, quel calme, quelle bienveillance, quelle douceur, quel apaisement, quel silence…

Il m’a fallu plusieurs jours pour commencer à apprivoiser ce silence, alentour, dans les habitations communes, durant les séances de méditations, pendant les repas…

N’était-ce pas cela que j’étais venu chercher ? Pourquoi avais- je tant de mal à apaiser mon mental ? Pourquoi est-ce que je privilégiais toujours l’agitation ?

Tout comme le renard demande au Petit Prince d’être apprivoisé, le silence demande aussi un temps d’adaptation avant que le lien crée soit fort.

Et le renard dit « si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. (…) Il faut être très patient. (…) Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! »

C’est un entrainement de tous les jours, un effort de tous les jours. Un espace qu’il faut créer et veiller à respecter.

Petit à petit, le silence ne fait plus peur, il devient même nécessaire. Le silence efface les conversations vides, le silence transforme les occupations inutiles, il fait oublier le désarroi de se retrouver seul avec soi.

Parce que dans ce silence, il y a toutes les réponses que l’on cherche, il y a toutes les ressources et richesses que l’on n’a souvent pas le temps de regarder, il y a tout l’or et les perles que nous pouvons découvrir, il y a toutes les possibilités et merveilles que nous sommes et que nous pouvons offrir au monde. Libres de toutes obligations ou conditions.

Apprivoiser le silence, c’est accepter de se dépouiller, de se libérer, de se recréer. C’est accepter de se comprendre.

Apprivoiser le silence, c’est accepter de s’aimer. Simplement. Entièrement.


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